Sois douce avec Toi...

Par Elsa lepescheux 

(de coeur à coeur et de vous à moi)

Cela fait quelques jours que j’ai envie d’écrire sur la confiance en soi ou l’estime de soi ou encore « la haute estime » comme la nomme Rubens Kignel*¹ un de mes formateurs. Après 5 ans d’animation de stages femmes, je me rends compte que c’est une des raisons principales pour laquelle les femmes commencent à travailler sur elles, le manque d’estime de soi ou de confiance en soi.

Quand j’ai commencé ma formation de thérapeute biodynamique ma formatrice Christiane Lewin me disait souvent… « Elsa sois douce avec toi… » et je ne comprenais pas ce dont elle me parlait… Je voulais du résultat, je voulais que ça avance, j’avais des choses à prouver, à me prouver, et à prouver aux autres… J’ai grandi dans le milieu du développement personnel, de la thérapie et du Tantra, ma mère et sa meilleure amie (de l’époque) sont toutes deux psychothérapeutes biodynamiques et ont toutes les deux eu beaucoup de succès dans leur travail et en tant qu’animatrices de stage de Tantra, la barre était donc haute. 

Au cours des mes diverses formations professionnalisantes et malgré le fait que j’ai commencé le travail sur moi à 19 ans, j’ai persisté à chercher la reconnaissance à l’extérieur, la validation de mes qualités et de “qui je suis” dans les regards et les paroles des autres… Et malgré tous mes accomplissements…. Et il y en a eu beaucoup, je persistais à ressentir ce besoin, quelque chose de plus fort que ma raison me poussait à aller chercher à l’extérieur cette reconnaissance. 

J’ai donc fait mille métiers et des dizaines de formations et de stages, séminaires, master class en tout genre. J’ai été comédienne, danseuse, mannequin, j’ai monté deux boîtes qui ont eu du succès, des projets qui ont abouti,  j’ai voyagé seule aux 4 coins du monde, j’ai passé un an en Inde avec un bébé de 1 an que j’élève et dont j’assure la sécurité matérielle et émotionnelle et l’éducation seule depuis 9 ans, j’ai accouché sans péridurale, j’ai fait tripler le chiffre d’affaire de l’entreprise pour laquelle j’ai travaillé, j’ai réussi à lâcher prise sur mes attentes envers le père de mon fils (sourire), j’ai fait les stages les plus impliquant, j’ai eu un cancer, je suis sortie de l’anorexie, je me suis reconstruite après un viol, je me suis sevrée seule de dépendance… Bref la vie… 

Performance, ténacité, conviction, efficacité, aventure, dépassement de soi, sortir de sa zone de confort, inventer, être précurseuse, croire en ses projets et les mettre au monde, avancer, chuter, se relever, prendre des risques, tout cela était mon quotidien pendant 20 ans et je savais faire par cœur… En amour c’était pareil, j’ai collectionné les relations, et les échecs, et je ne me sentais jamais aussi belle que dans les yeux d’un homme et quand l’échec sentimental arrivait je courais le monde pour en trouver vite un autre qui vienne combler le manque, et rassurer ma peur. Mais malgré tous ces accomplissements, je me retrouvais encore à douter de moi, de ma valeur et de mes ressentis. Je ne me sentais jamais assez, jamais assez belle, assez intelligente… Et surtout être douce avec moi, je ne savais pas du tout ce que ça voulait dire??…. Et puis  j’ai moi-même commencé à animer des stages de Tantra femme et j’ai passé des heures à observer les femmes, et leurs comportements, et petit à petit j’ai compris… Certaines d’entre elles me faisaient tellement miroir, que j’ai commencé à voir en elle ce que voyait ma formatrice en moi. Un jour, lors d’un des stages avec François Lewin*² il m’est rentré dedans en me disant qu’il fallait que j’arrête d’aller dans les extrêmes pour ressentir, et qu’il fallait que je lâche mon identification au drame familial pour enfin contacter du bon et de la réparation. Contacter du bon en thérapie? Ne pas être dans le drame? Ne pas attaquer de front mes résistances pour les faire exploser?  Mon égo était ahuri, mon mental était en « bug », ma guerrière n’y comprenait plus rien! Dans le yang j’avais mes repères, mais dans la puissance douce du yin, j’étais perdue… 

Et puis après quelques heures de machine à laver intérieure, je me suis reprise, la colère m’a permis de retrouver de l’énergie et de rassembler mon courage et  j’ai décidé d’aller chercher des réponses et de confronter ce colosse qui me remettait tant en question… Et sa réponse tout en douceur à été un enseignement inoubliable… « Elsa, j’étais comme toi, j’ai tout fait dans ma vie, et je me suis cogné contre tous les murs pour sentir, mais c’est quand j’ai rencontré Gerda Boyesen*³ et la biodynamique que j’ai compris que la voie juste était celle-ci, la voie de la douceur, de la sensation fine, de l’écoute intuitive, de la réparation, de la désidentification, de la confiance en plus grand que soi, du ralentir pour sentir… » Le retour de cet homme, de ce pair et père de réparation et le fait qu’il m’ait vue vraiment, à changé ma vision de la thérapie, et de moi-même à jamais. 

Faire alliance avec ses résistances ( ses gardiens) , les apprivoiser, les remercier, et avec douceur passer en dessous pour aller à la rencontre du noyau sain, de l’enfant solaire, de la source de vie. Voilà ce qu’allait être mon travail pour les prochaines années et là, la phrase de Christiane Lewin, « sois douce avec toi » prenait enfin tout son sans. 

Depuis J’ai contacté plein de bon et de réparation dans mon processus personnel, je travaille sur moi au quotidien pour être la plus douce possible avec moi-même et cela fait grandir mon amour pour moi-même, cela m’a permis de poser des limites claires là, où je n’y étais jamais arrivé, cela m’a permis de ralentir, de prendre plus de temps pour moi et pour m’offrir du “bon”, cela m’a fait aussi totalement changer ma façon d’appréhender et d’animer les stages femme, et d’être simplement moi-même. D’accepter ma vulnérabilité et de voir toute la force que je pouvais y trouver, de poser les armes, d’amener un autre regard sur mon histoire familiale et de faire la paix avec pas mal de démons intérieurs, d’accepter le cadeau de la transmission transgénérationnelle et de ne garder que ce qui est bon pour moi,  de prendre soin de ma petite fille intérieure et de lui amener la reconnaissance et l’amour dont elle a manqué (et qui me rendait dépendante de l’amour de l’autre). 

Aujourd’hui je ne cherche plus à combler un puit sans fond avec des choses extérieures, car j’ai trouvé ma source intérieure et je la nourrit au quotidien.

Je m’aime suffisamment pour ne plus rester dans des relations qui ne sont pas vraiment nourrissantes pour moi, je suis bien avec moi-même et je n’ai plus besoin d’être en force pour prouver ma valeur. J’ai compris que c’est en étant le plus posée en moi et dans mon axe que je suis la plus juste, la plus puissante et la plus belle.

Je n’ai plus peur de prendre trop de place, car j’occupe ma place juste dans ce monde. Au cours de ces années de formation en biodynamique, j’ai aussi suivi une thérapie personnelle et intensive (1h par semaine pendant 5 ans) et la pratique du massage biodynamique m’a aussi permis de reconstruire mon contenant énergétique et physique. Je n’ai donc plus besoin de me cogner à la vie pour la sentir. Elle est simplement là bien présente et je sens ma limite et celle des autres alors je ne suis plus envahissante ni envahissable. 

Si mon témoignage vous parle je vous invite vraiment à entamer le chemin vers vous-même, car comme vous pouvez le voir, rien de ce que vous pourrez trouver à l’extérieur (aucune pratique, technique, personnes, compensation) ou accomplir, ne pourra réellement vous nourrir. Tous vos joyaux sont déjà là, en vous. Et c’est par une introspection et un véritable engagement de vous à vous même que vous pourrez les découvrir. Alors vous devenez grand, vous devenez celle ou celui que vous étiez destiné à être en arrivant sur cette terre (et non celui qu’on a voulu que vous deveniez ou que vous avez cru devoir devenir pour aller dans le sens du schéma familial. ) Alors vous trouvez votre voie (x) et vous pouvez l’entendre et la suivre… Et la question de la confiance en soi ne se posera plus. La jalousie, la concurrence, le désespoir, l’épuisement, les relations toxiques, la dépendance affective, les idées limitantes, les peurs irrationnelles, la dévalorisation , l’autosabotage… Tout cela disparaît. Parce qu’en vous faisant confiance en vous reconnaissant, vous faites confiance à la vie et quand cela se produit alors elle répond toujours! 

Bien sur il m’arrive encore de “me prendre les pieds dans le tapis” de la projection, des attentes, des vagues émotionnelle, ou de peurs irrationnelles, mais alors qu’avant cela m’empêchait de dormir, me retournait la tête et le coeur… 

Je m’y identifie beaucoup moins, cela ne vient pas m’impacter, me remettre profondément en question, ou me faire totalement perdre ma valeur… Les émotions sont moins fortes et passent beaucoup plus vite… Je me sens plus calme, moins stressé par rapport à la vie et à mes “devoirs” de femmes et de maman solo. Je suis plus au clair avec mes besoins, j’assume plus mes désirs et je n’attire clairement plus le même type de personnes. C’est aussi parce que j’ai fais ce clair en moi, ce “ménage” que je peux accompagner les femmes sur leur chemin vers elle même, je crois dans l’expérience et dans le ressenti. Je pense que c’est par l’expérience que le corps intègre vraiment et qu’alors toutes ces belles théories, croyances ou concepts mentaux deviennent du vécu et peuvent s’incarner dans un quotidien.

Je finirais par partager avec vous ce magnifique texte d’Osho Rajneesh L’existence… : « Vous n’êtes pas un phénomène accidentel, l’existence a besoin de vous. Sans vous quelque chose manquerait dans l’existence et personne ne peut le remplacer. C’est ce qui vous donne votre dignité, le fait que l’existence entière vous regrettera. Les étoiles, le soleil et la lune, les arbres, les oiseaux et la terre, tout dans l’univers ressentira qu’un petit espace est vacant et qu’il ne peut être rempli par personne d’autre que vous. Cela vous donne une immense joie, un contentement, celui de sentir que vous êtes relié à l’existence et que l’existence se soucie pour vous. Une fois que vous êtes épuré et clair, vous pouvez percevoir l’immense amour qui vient à vous depuis toutes les directions. »

Elsa Lepscheux www.eveil-de-femme.com

¹Rubens Kignel (Brésil)Thérapeute psychocorporel, formateur international et superviseur (Amérique du Sud et du Nord, Europe de l’Est et de l’Ouest, Japon). Il est co-fondateur des Écoles de Biosynthèse et de celles de Biodynamique du Brésil et d’Argentine, et des Instituts de Biosynthèse du Japon.

² Christiane et François Lewin Pionniers de la Psychologie Biodynamique en France, ils sont fondateurs et formateurs principaux de l’Ecole. Ils ont structuré et développé l’enseignement biodynamique de manière à donner une formation solide et approfondie. Passionnés et souhaitant partager l’efficacité thérapeutique et la richesse spirituelle du travail biodynamique, ils se sont entourés dès le début d’une équipe internationale francophone de formateurs choisis au plus haut niveau pour leurs qualités humaines et leur richesse professionnelle. Par leur grande expérience en Psychologie Biodynamique (plus de 20 ans) et leur diversité culturelle, ils amènent au travers d’un enseignement de qualité une grande variété de modèles psychothérapeutiques.

³Gerda BOYESEN, née en 1922, apporte ses découvertes et crée la Psychologie Biodynamique à partir des années 50. Elle développe la notion de cuirasse tissulaire, s’intéresse tout particulièrement aux réactions végétatives liées au stress, et découvre le psychopéristaltisme, capacité des intestins à digérer et réguler les émotions.